Cours-séminaire ouvert tous les lundis
Horaire : 14:00-16:00
Dates : du 05-02 au 06-05

Aurélien ZINCQ, chargé de cours
+ intervenants invités :
M. de Nanteuil (UCLouvain), S. Laoureux (UNamur),
S. Lavignotte (FUTP), G. Socaciu (FUTP), B. Coyault (FUTP).

Quadrimestre II
Cours-séminaire – Niveau Master

Objectif

La « Terre promise » dans l’AT, le «  Royaume » et la « Jérusalem céleste » dans le NT : la Bible nous parle de lieux désirables dont la situation géographique ne semble pas se trouver sur nos cartes humaines… ou pas encore. La Bible nous parlerait-elle alors d’utopie ? Bien que le terme « utopie » ait été forgé par Thomas More en 1516, le contenu recouvert par cette notion excède l’invention du terme qui le désigne : on retrouve des utopies de l’Antiquité à la période contemporaine. De tout temps, les hommes ont pensé un ailleurs, pas toujours très lointain, où il ferait bon vivre. De ce point de vue, il n’est pas incongru de penser que la Bible appartient au vaste courant des pensées de l’utopie. Toutefois, dans le langage courant, l’utopie renvoie à un idéal qui ne tient pas compte des faits réels, de l’homme et de ses conditions de vie (Rouvillois F., L’utopie, p. 11). La référence aux utopies réalisées semble confirmer cette méfiance : le rêve d’un monde meilleur a souvent viré au cauchemar (ibid., p. 43). Les utopies bibliques seraient-elles à ranger dans la catégorie des illusions néfastes ? À l’inverse, ne seraient-elles pas le signe d’une tendance « rédemptrice » profondément ancrée en l’être humain ? Il n’est pas possible de trancher entre ces deux options. L’élaboration d’un modèle critique de l’utopie est indispensable pour penser ce lieu déjà imaginé et pas encore accessible.

Avec J. Moltmann, on peut penser qu’il y a chaque fois utopie quand l’homme est en présence d’images d’un avenir souhaitable au sein d’une histoire en crise (L’utopie, p. 21). L’utopie devient l’échappatoire à la crise en déployant des « possibilités d’alternatives futures ». Certes, certaines possibilités peuvent être chimériques. Mais elles contiennent aussi la critique d’une réalité présente qui n’aura pas tenu ses promesses d’émancipation (ibid., p. 22). N’est-ce pas plutôt ce genre d’images que suggèrent la Terre promise, le Royaume et la Jérusalem céleste ? Néanmoins, pour réussir à penser le concept d’utopie sous l’angle de sa radicalité émancipatrice, il faudra passer par un questionnement exigeant des pensées de l’utopie. Dans ce travail d’interrogation, 3 axes seront privilégiés : (1) généalogique, qui abordera le parcours de cette notion avant Thomas More, la signification de son expression conceptuelle à la Modernité et ses réappropriations aux 19e et 20e siècles ; (2) conceptuel, qui analysera l’articulation de la notion d’utopie avec des notions de la même famille (idéologie, possibilité, virtualité, uchronie, dystopie, hétérotopie, anticipation, espérance, etc.) ; (3) anthropologique, qui s’intéressera au rapport entre utopie et imagination sociale et religieuse. À terme, l’ambition de ce séminaire est de fournir un modèle critique, actuel et émancipateur de l’utopie. Grâce à ce modèle, nous pourrons saisir le potentiel subversif de l’idée d’utopie et en repérer les traces dans notre réalité humaine (historique et existentielle).

Contenu        

Le séminaire se divise en douze séances de deux heures. La moitié des séances est laissée à des intervenants internes ou extérieurs à la Faculté. Ils aborderont la notion d’utopie selon une perspective qui leur est propre : soit en mobilisant un auteur ou un courant de pensée, soit à partir de leurs travaux. Ces perspectives pourront être théologiques, éthiques et sociologiques. Les six séances données par le titulaire du cours se développeront selon les trois axes susmentionnés.

Intervenants invités : M. de Nanteuil (UCLouvain), S. Laoureux (UNamur), S. Lavignotte (FUTP), G. Socaciu (FUTP), B. Coyault (FUTP).

Biblio.

D’autres références seront communiquées au fur et à mesure des séances. Les étudiants peuvent déjà prendre connaissance du contenu des ouvrages suivants, en particulier ceux de F. Rouvillois et J. Servier.

  • ABENSOUR M., Utopiques II : L’homme est un animal utopique, Paris, Sens&Tonka, 2013.
  • BLOCH E., Le principe espérance (Trois tomes), Paris, Gallimard, 1976, 1982, 1991.
  • MOLTMANN J., L’utopie, Genève, Labor et Fides, 2023.
  • RICŒUR P., L’idéologie et l’utopie, Paris, Seuil, 1997.
  • RICŒUR P., Plaidoyer pour l’utopie ecclésiale, Genève, Labor et Fides, 2016.
  • ROUVILLOIS F. (éd.), L’utopie, Paris, Flammarion, 1998.
  • SERVIER J., Histoire de l’utopie, Paris, Gallimard, 1991.

Forme           

Séminaire participatif (présentation et discussion d’un contenu théorique tout au long de la séance)  

Validation     

Travail écrit d’une quinzaine de pages.

Valeur

5 crédits


Accès aux enregistrements vidéo des séances de cours.

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